Tout le monde connaît la fable du scorpion et de la grenouille.
Le scorpion demande à la grenouille de l’aider à traverser la rivière. Elle hésite. Il promet de ne pas piquer. Au milieu de la traversée… il la pique. Ils vont mourir tous les deux. La grenouille lui demande pourquoi. Le scorpion répond simplement :
« C’est dans ma nature. »
On aime raconter cette histoire comme une fatalité. Comme si certaines choses étaient inévitables. Mais aujourd’hui… cette fable ressemble étrangement à notre époque.
Nous voyons arriver une vague technologique sans précédent. Intelligence artificielle. Automatisation. Robots humanoïdes. Ce n’est plus de la science-fiction. C’est déjà en production.
Nous savons, que certains métiers vont disparaître, que des secteurs entiers vont être transformés, que l’équilibre économique va être bousculé. Et pourtant… Nous continuons.
Comme le scorpion. Des entreprises remplacent déjà des milliers de personnes. Des chaînes de production tournent sans humains. Des services entiers sont automatisés.
Chaque semaine apporte son lot d’annonces. Et nous regardons cela, presque fascinés. Comme spectateurs.
Avec une illusion confortable : “Cela se passe ailleurs.”,“Cela ne nous concerne pas encore.”
Mais l’histoire est connue. Ce qui commence de l’autre côté de l’Atlantique… finit toujours par arriver chez nous. Et de plus en plus vite.
Le vrai problème n’est pas la technologie. Le vrai problème, c’est notre posture. Nous réagissons, nous commentons, nous débattons. Mais nous ne préparons pas.
Nous aurions besoin d’une vision claire. À 5 ans. À 10 ans. Une stratégie pour accompagner les transformations. Former. Adapter. Anticiper.
Pas dans l’urgence. Pas dans la panique. Avec méthode. Un véritable plan d’adaptation. Presque un plan Marshall technologique.
Mais aujourd’hui, que faisons-nous ? Nous observons. Nous attendons. Nous espérons que cela prendra du temps.
Comme la grenouille. Le décalage existe encore. Mais il se réduit.
Et le moment où cela nous impactera directement arrivera bien plus vite que prévu.
La question n’est plus de savoir si cela va arriver. La question est simple : Sommes-nous prêts ?
Ou allons-nous, nous aussi, découvrir… un peu trop tard… que c’était dans notre nature de ne pas anticiper ?
Carlos Goncalves
