Au secours, elle va tout détruire. Mettre des millions de personnes au chômage. Anéantir l’économie mondiale. Et la réponse du Normand serait : peut-être bien que oui… peut-être bien que non. Mais comme dirait Coluche : quand on ne sait pas, on se tait.
Je taquine un peu les quelques lecteurs qui prennent le temps de lire ces lignes. Mais prenons un peu de hauteur.
Tout le monde a l’eau courante, l’électricité, une porte qui ferme. Presque tout le monde a une voiture. Et aujourd’hui, quasiment tout le monde a un ordinateur.
Maintenant, soyons honnêtes. Quel pourcentage de la population sait intervenir sur un tableau électrique, réparer une fuite, changer une serrure, ouvrir un moteur ou réinstaller un système d’exploitation ? Très peu. Et pourtant, tout fonctionne. Pourquoi ? Parce qu’on ne cherche pas à comprendre. On veut que ça marche.
L’IA, c’est pareil.
Pour ceux qui la maîtrisent, c’est un levier puissant. Pour les autres, c’est un bouton de plus. La majorité ne veut pas écrire des prompts complexes. Elle veut une réponse simple, rapide, fiable.
On vit dans une ère de surinformation où chacun essaie de capter l’attention… et souvent de monétiser la peur.
Oui, l’IA va s’imposer partout. Oui, elle dépasse déjà l’humain sur certains types de raisonnement. Mais je parle bien de raisonnement, pas d’intelligence. L’intelligence est plus large. Plus humaine. Plus nuancée.
Une IA répond vite. Très vite. Mais uniquement si la demande est claire. Sinon, elle hallucine, elle invente, elle assemble sans comprendre. Elle apprend, mais elle ne vit pas ce qu’elle produit.
Elle peut créer une musique à ton goût, une image sur mesure, un texte structuré. Mais tout part de toi.
D’ailleurs, quand tu interroges ChatGPT, Claude ou Gemini, ils te disent souvent la même chose : ne crois pas tout ce que tu entends. Et détail intéressant… ils n’hésitent pas à dire quand un autre outil est meilleur pour une tâche. Pas de jalousie entre IA. Juste de l’efficacité.
Alors oui, c’est une révolution. Mais dans l’usage quotidien, ça restera souvent un Google amélioré.
Les métiers vont évoluer. Certains vont disparaître. D’autres vont émerger. Mais l’IA n’est pas une baguette magique. Et bien l’utiliser demande des compétences.
Un DG, un DRH ou un dirigeant n’a pas le temps de peaufiner des prompts. Il veut une réponse claire. Être dans le rouge ou dans le vert. Point.
C’est là qu’intervient un nouveau rôle. Un “IAcien”, si tu veux. Quelqu’un qui sait dialoguer avec la machine, comme les informaticiens aujourd’hui. Présents en permanence, invisibles… jusqu’au moment où tout s’arrête. Et là, bizarrement, tout le monde comprend leur valeur.
Carlos Goncalves
