Le mérite a toujours été l’une des valeurs qui permettent d’évaluer une personne. Il récompense l’effort, la persévérance, l’apprentissage et la capacité à progresser, aussi bien dans sa vie personnelle que dans sa carrière professionnelle.
Pendant longtemps, le diplôme a été l’une des principales preuves de ce mérite. Il récompense des années de travail et d’investissement. Pourtant, de nombreux autodidactes ont démontré qu’il était possible de réussir sans diplôme grâce à leur curiosité, leur détermination et leur capacité à apprendre par eux-mêmes. Leur parcours était souvent plus long, mais leur mérite finissait par être reconnu.
Aujourd’hui, l’intelligence artificielle vient bouleverser cet équilibre. En quelques secondes, elle peut produire un texte, développer du code, analyser des données ou proposer des solutions qui demandaient auparavant des années d’apprentissage.
Une question me vient alors à l’esprit.
Le mérite est-il en train de disparaître ? Je ne le pense pas. Je crois plutôt que c’est notre manière de mesurer le mérite qui est en train d’évoluer.
Hier, le mérite consistait souvent à savoir faire.
Demain, il reposera davantage sur notre capacité à comprendre un problème, à poser les bonnes questions, à analyser les réponses, à faire preuve d’esprit critique et, surtout, à prendre les bonnes décisions.
Car demain, deux personnes pourront produire un résultat qui semblera identique grâce à l’IA. Pourtant, leurs compétences réelles pourront être totalement différentes. L’une se contentera d’accepter la première réponse obtenue. L’autre la remettra en question, la complétera, la corrigera et saura l’adapter au contexte.
C’est là que résidera, selon moi, le véritable mérite.
L’intelligence artificielle est un formidable accélérateur. Elle démocratise l’accès au savoir et nous fait gagner un temps considérable. Elle deviendra probablement aussi indispensable que l’ordinateur ou Internet.
Mais elle ne remplacera jamais la curiosité, l’expérience, le discernement, l’imagination ou la responsabilité. Elle peut proposer des solutions. Elle ne choisira jamais à notre place celle qui correspond le mieux à nos valeurs, à notre vision ou à nos objectifs.
C’est aussi pour cette raison que je ne crois pas que l’école ou les études soient devenues inutiles. Bien au contraire. Elles ne servent pas uniquement à transmettre des connaissances. Elles apprennent à raisonner, à développer l’esprit critique, à confronter des idées et à construire une réflexion.
Le mérite ne disparaîtra pas. Il changera simplement de visage.
Et peut-être que le véritable défi des prochaines années ne sera plus de savoir utiliser l’intelligence artificielle, mais de continuer à développer ce qu’elle ne pourra jamais apprendre à notre place : notre capacité à penser.
Peut-être que le mérite de demain ne sera plus de savoir tout faire seul, mais de savoir penser, créer et collaborer intelligemment avec les outils qui nous entourent.
Et vous, pensez-vous que l’intelligence artificielle fera disparaître le mérite… ou qu’elle nous obligera simplement à le redéfinir ?
Carlos Goncalves
PS : En écrivant cet article avec l’aide de l’intelligence artificielle, je me suis rendu compte d’une chose. Elle n’a jamais remplacé ma réflexion. Au contraire, elle m’a obligé à préciser mes idées, à remettre certains arguments en question et à aller plus loin dans mon raisonnement. Finalement, le mérite n’avait pas disparu… il s’était simplement déplacé.
