« Les femmes et les enfants d’abord. » Ou bien : « Les rats quittent le navire. » Ou encore : « Un mal pour un bien. »
Autant d’expressions françaises que l’on peut utiliser dans de nombreux contextes.
Sans vouloir prendre parti, car je considère que toutes les guerres, aussi justifiées soient-elles, finissent toujours par faire payer le prix aux civils, je garderai donc mon opinion personnelle pour moi.
Cet article ne traite pas du conflit actuel.
Il parle plutôt d’un autre phénomène : la désinformation amplifiée par l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, on voit circuler sur les réseaux des vidéos montrant une capitale détruite, un porte-avions qui coule, des avions touchés, le Burj Khalifa en feu, etc.
Et tout cela est diffusé à grande vitesse sur les réseaux sociaux. Dans le cadre de certains projets, je suis ces plateformes de près. Et je me retrouve régulièrement face à des vidéos totalement absurdes ou surréalistes.
C’est là que les algorithmes deviennent traîtres. Si tu regardes quelques contenus de ce type, ils partent du principe que tu t’y intéresses. Et ils t’enferment alors dans une boucle de vidéos similaires.
Si tu es influençable, ou simplement si tu manques de recul, tu peux rapidement te retrouver plongé dans un imaginaire virtuel construit par l’IA, où la propagande peut prospérer… des deux côtés. La guerre informationnelle a franchi un cap.
Autrefois, elle touchait surtout les personnes qui regardaient le journal télévisé ou lisaient la presse. Aujourd’hui, elle touche toute personne possédant un téléphone.
Autrement dit : presque tout le monde.
Mais le plus troublant dans la propagation de ces vidéos est qu’il existe plusieurs types de propagandistes. Il y a ceux qui agissent consciemment, avec des moyens importants, pour rallier le plus de personnes possibles à leur cause. Il y a ceux qui profitent simplement du malheur des autres, car toute occasion est bonne à prendre quand le business est en jeu.
Et puis il y a les influenceurs.
Certains commentaient la situation depuis leur chambre luxueuse, leur magnifique villa ou au bord de leur piscine, observant missiles et drones passer au-dessus de leur tête.
Mais lorsqu’ils ont compris que le missile qui passait au-dessus pouvait aussi s’abattre sur eux, ils se sont immédiatement mis à appeler au secours la France.
Je ne critique pas le fait que, sous l’effet de la peur ou de la panique pour eux et leurs familles, ils souhaitent partir. C’est humain.
Ce que je regrette en revanche, c’est que beaucoup de ces mêmes personnes passent leur temps à dénigrer la France… et que, dès que la situation se dégrade, elles se tournent vers ce même pays pour demander de l’aide.
Vient ensuite le retour à la réalité lorsque leur pays d’accueil leur demande de cesser de publier des vidéos susceptibles d’alimenter la panique. Car au-delà de l’impact économique, ces contenus constituent aussi une source d’information précieuse pour les services de renseignement adverses.
Dire qu’il y a des drones qui explosent, qu’une usine de dessalement a été touchée, que l’approvisionnement maritime est bloqué ou que l’aéroport est fermé, c’est aussi donner des indications à ceux qui cherchent justement à amplifier ce type d’attaque.
Et l’on oublie souvent un détail. Ce n’est pas une île. La voie terrestre existe toujours.
J’espère simplement que certains influenceurs modéreront leur dénigrement de leur pays de naissance.
Je peux comprendre que la pression fiscale devienne insupportable et que certains préfèrent aller vivre leur meilleure vie ailleurs. Mais viendra aussi le jour où la mode des réseaux sociaux passera, et avec elle l’âge d’or de certains influenceurs.
Un simple conseil : l’argent n’est jamais éternel. Peut-être devraient-ils relire la fable de La Fontaine La Cigale et la Fourmi.
Vous chantiez ? J’en suis fort aise.Eh bien ! Dansez maintenant. »
