La liberté n’a pas de prix. Nous le savons tous. Pourtant, nous continuons à accepter une dépendance croissante, financière, intellectuelle, stratégique. Dépendre d’autrui pour se défendre, pour se nourrir, pour penser, n’a jamais été un signe de progrès. C’est un aveu de faiblesse.
Nous faisons aujourd’hui des choix qui engagent les générations futures. Et ces choix sont, pour beaucoup, incohérents, court-termistes, parfois dangereux. Les conséquences pourraient être lourdes. Voire fatales.
Ce qui nous manque cruellement, ce n’est pas l’intelligence collective, ni les moyens. C’est la vision. Nous n’avons plus de capitaines. Seulement des suiveurs. Des gestionnaires du présent, incapables de résister aux chants des sirènes électorales. Il faudrait un leader capable de tenir la barre, d’assumer le cap et de mener le navire France à bon port.
Car le constat est simple : le bateau prend l’eau. Et au lieu de le mettre en cale sèche pour une réparation profonde et durable, on écope à la petite cuillère. On colmate, on temporise, on communique. Mais on ne répare pas.
Le plus absurde, c’est que ce navire France, intégré dans la flotte européenne, pourrait rivaliser avec n’importe quelle puissance mondiale. Les compétences sont là. Les ressources aussi. Mais il manque la confiance, la coordination et le courage politique. Résultat : les navires européens se percutent, se neutralisent, avancent à contre-vent, chacun pour soi.
Le pessimisme est devenu la norme. Le déni aussi. Nous ne savons plus penser à dix ou vingt ans. Trente ans relève de la science-fiction, alors que d’autres pays, comme la Chine, construisent déjà cet horizon. Nos démocraties vacillent, doutent d’elles-mêmes, et regardent parfois avec une inquiétante fascination des régimes que nous qualifions pourtant de dictatures.
Nous savons pourtant ce qu’il faut faire. Nous savons qu’un autre monde est nécessaire. Une autre manière de travailler. De produire. De consommer. De vivre. Il faudrait un leader capable de dessiner une carte, de donner une direction claire, de créer de l’élan et de l’espoir.
À la place, nous avons des dirigeants qui copient au lieu d’innover. Qui suivent au lieu d’ouvrir la voie. Qui ressassent le passé au lieu de préparer l’avenir.
Et pourtant, les opportunités sont là, sous nos yeux. Informatique quantique. Intelligence artificielle. Robotique. Domotique. Spatial. Énergies nucléaires nouvelles comme le thorium. Médecine assistée. Cybersécurité. Réseaux ultra-rapides. Défense. Cette liste, à elle seule, pourrait structurer un siècle de prospérité et de souveraineté.
Le chauvinisme ne mène nulle part. Seuls, nous ne sommes rien. Ensemble, nous pouvons tout. Encore faut-il cesser de laisser la parole à des orateurs qui nous abreuvent quotidiennement de propagande, non pour nous éclairer, mais pour nous diviser.
Je comprends ceux qui ne votent plus. La défiance est profonde. Le sentiment de trahison est réel. Mais attention. Une majorité silencieuse laisse toujours la place à une minorité bruyante. Et parfois malveillante. L’histoire nous l’a déjà appris. L’enfer est pavé de bonnes intentions.
Les extrêmes savent jouer la musique. La mélodie est souvent séduisante. Mais les paroles, elles, méritent d’être écoutées avec attention. Nous sommes assez mûrs, assez éduqués, pour ne pas confondre harmonie et vérité.
En cette fin d’année, je formule un vœu simple. Retrouver du courage. De la lucidité. Et une vision collective. Je vous souhaite une belle année 2026, à vous et à vos proches. Avec de la santé, de la clarté, et surtout, de l’espoir. Oui, c’est un peu kitsch. Mais terriblement nécessaire.
