“Les créateurs de jeux vidéo, c’est fini. Les réalisateurs, c’est fini. Les web designers, c’est fini. Les data scientists, c’est fini. Les médecins, bientôt remplacés.”
On entend cela à longueur de journée. Dans une atmosphère déjà morose, on nous sert en boucle des prophéties spectaculaires :
l’IA ferait tout. Mieux. Plus vite. Avec un simple prompt. Curieux de nature, j’ai voulu vérifier. Pas en théorie. En pratique. Je me suis fixé un objectif simple : créer un court film avec des outils d’IA.
Un vrai projet. Un personnage. Un scénario. Un montage. Une ambiance sonore. Une voix. Sur le papier — et dans les démonstrations marketing — tout semble simple :
Un prompt, quelques minutes, et un film digne d’un festival. La réalité est plus nuancée.
D’abord, les versions gratuites sont extrêmement limitées :
Résolution basse, lenteur, séquences de 5 secondes maximum. Il faut soit beaucoup de patience, soit un budget. Et même avec un budget, la cohérence n’est pas garantie.
Ensuite, parlons du “prompt magique”. En réalité, il n’y a pas un prompt. Il y en a des dizaines. Même assisté par une IA capable de formuler l’instruction parfaite en anglais impeccable, l’outil de génération vidéo n’a pas d’intention. Il exécute. Il ne comprend ni la continuité, ni la logique narrative.
Pour produire 25 secondes exploitables, j’ai généré plus de 30 séquences de 5 secondes. Des incohérences. Des hallucinations visuelles. J’ai gardé quelques rushs en souvenir.
Ce n’est pas de la magie. C’est du pilotage. Il faut analyser chaque rendu, reformuler, contraindre, guider, corriger. L’IA ne remplace pas la direction. Elle l’exige.
Après une semaine complète — écriture, génération, sélection, montage, voix, publication — la conclusion est simple :
Nous ne sommes pas à l’ère du remplacement. Nous sommes à l’ère de l’amplification. Oui, l’IA accélère certaines tâches. Oui, elle ouvre des possibilités réelles. Mais sans vision, sans méthode et sans responsabilité humaine, elle produit surtout du bruit.
Dans mes projets IT comme dans ce test créatif, la constante reste la même :
Ce n’est pas l’outil qui fait le résultat. C’est la capacité à cadrer, piloter et décider. L’IA n’élimine pas les métiers. Elle exige plus de discernement.
Ce projet était “pour le fun”. Un épisode pilote. Il m’a surtout rappelé une chose :
La technologie avance vite. La création, elle, reste un acte conscient. Les métiers ne disparaissent pas. Ils évoluent. Et notre manière d’apprendre doit évoluer avec eu.
Épisode 1 arrive.
Pour ceux qui veulent voir le résultat concret de cette expérimentation, l’épisode pilote est disponible ici :
🎬 YouTube : https://youtu.be/CkrCJ8HlDvQ
